Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus
ET DE LA SAINTE FACE
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HISTOIRE D'UNE AME
ÉCRITE PAR ELLE-MÊME
DÉCLARATION
Conformément au décret du Pape Urbain VIII, nous déclarons que les titres de Saint ou de Vénérable qui, dans le cours de cet ouvrage, s'appliqueraient à des personnes sur lesquelles la sainte Eglise ne s'est pas prononcée, n'ont qu'une valeur purement humaine et privée.
De même, dans les différents portraits de la servante de Dieu que nous avons publiés, comme dans l'exposé des événements et des grâces extraordinaires qui sont rapportés, nous n'entendons pas prévenir le jugement du Souverain Pontife, auquel nous nous soumettons sans réserve.
O Mon Dieu, Votre amour m'a prévenue dés mon enfance, il a grandi avec moi et maintenant c'est un abîme dont je ne puis sonder la profondeur.
IMPRIMATUR:
A. QUIRIÉ, vic. gen.
Bajocis, 18ª Februarii 1911.
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TOUS DROITS RÉSERVÉS
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EN VENTE AUX ADRESSES SUIVANTES
Carmel de LISIEUX (Calvados).
Librairie Saint-Paul, PARIS 6, rue Cassette.
Imprim. St-Paul, BAR-LE-DUC 36, Boulevard de la Banque.
LETTRE DE Sa Grandeur Monseigneur Lemonnier, ÉVÊQUE DE BAYEUX ET LISIEUX
Bayeux, le 2 février 1909.
MA RÉVÉRENDE MÈRE,
J'approuve votre dessein de faire une nouvelle édition de la =Vie de Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face=. Vous savez comme moi combien de faits merveilleux semblent montrer que le bon Dieu veut mettre en lumière cette petite fleur du Carmel qui s'est épanouie dans votre cloître, puis a été cueillie vite pour être transplantée au Ciel.
Elle a été, suivant l'expression de l'Apôtre, la bonne odeur de Jésus-Christ. Que son parfum mystique embaume beaucoup d'âmes!
Je vous bénis, ma Révérende Mère, et je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments paternellement dévoués en Notre-Seigneur.
† THOMAS,
Ev. de Bayeux et Lisieux.
LETTRES D'APPROBATION
Reçues après la première édition de l'HISTOIRE D'UNE AME
LETTRES DE SON ÉMINENCE LE CARDINAL GOTTI
Préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande.
J. † M. Rome, le 5 janvier 1900.
MA TRÈS RÉVÉRENDE MÈRE,
Le magnifique exemplaire de l'HISTOIRE D'UNE AME qui m'avait été adressé pour être offert à Notre Saint-Père le Pape Lui a été remis samedi, 30 décembre dernier.
=Sa Sainteté, qui a voulu en prendre connaissance sur-le-champ, a prolongé sa lecture pendant un temps notable avec une satisfaction marquée=, et m'a chargé de vous écrire en son nom, pour vous dire qu'Elle agrée cet hommage de votre piété filiale, et vous donne, ainsi qu'à votre Communauté, la Bénédiction apostolique.
En m'acquittant aujourd'hui de l'agréable mission qui m'est confiée par Sa Sainteté, je suis heureux de pouvoir vous exprimer en même temps, ma très Révérende Mère, ma vive gratitude pour le riche exemplaire du même ouvrage que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Ce que j'en ai pu voir m'a paru si attachant, que j'attends les premières heures de loisir pour en achever la lecture.
Veuillez agréer l'expression du religieux respect avec lequel j'ai la satisfaction de me dire, Très Révérende Mère,
De votre Révérence
le tout dévoué en Notre-Seigneur.
Fr. JÉROME-MARIE, Card. GOTTI.
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Rome, le 19 mars 1900.
MA TRÈS RÉVÉRENDE MÈRE,
J'ai reçu, avec un sentiment de vive gratitude, le riche coffret et son précieux contenu[1], que vous avez eu la bonté de m'adresser. Cette attention délicate m'a d'autant plus touché que votre Révérence et sa communauté ont dû faire un grand sacrifice en se dépossédant en ma faveur de ces souvenirs de Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, qui leur sont si justement chers.
Je les ai montrés au Très Révérend Père Général des Carmes déchaussés, et nous avons pensé qu'il convenait de les garder dans la caisse de la Postulation des Causes de nos Vénérables. C'est là qu'ils seront mieux sauvegardés, et l'on sera heureux de les y trouver, s'il plaît à Dieu de glorifier un jour sa fidèle servante, en lui faisant décerner les honneurs d'un culte public dans son Eglise.
Veuillez agréer, ma Révérende Mère, avec l'hommage de mon religieux dévouement, l'expression de ma vive gratitude.
Votre tout dévoué en Notre-Seigneur.
Fr. JÉROME-MARIE, Card. GOTTI.
LETTRE DE Son Eminence le Cardinal Amette,
ARCHEVÊQUE DE PARIS Alors Evêque de Bayeux et Lisieux.
ÉVÊCHÉ DE 24 mai 1899. BAYEUX
MA RÉVÉRENDE MÈRE,
L'esprit-Saint a dit que «_s'il est bon de cacher le secret du roi, c'est rendre honneur à Dieu que de révéler et de publier ses œuvres_».
Vous vous êtes sans doute souvenue de cette parole lorsque vous avez résolu de donner au public l'HISTOIRE D'UNE AME. Dépositaire des secrets intimes de votre fille bien-aimée, Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, vous n'avez pas cru devoir garder pour vous seule et pour vos Sœurs ce qu'elle n'avait écrit que pour vous. Vous avez pensé, et de bons juges avec vous, qu'il serait glorieux à Notre-Seigneur de faire connaître les opérations merveilleuses de sa grâce dans cette âme si pure et si généreuse.
Vos espérances n'ont pas été trompées, la rapidité avec laquelle s'est épuisée la première édition de votre livre le montre assez.
Les parfums tout célestes qu'exhalent les pages écrites par votre angélique enfant ont ravi les âmes admises à les respirer, et en ont sans nul doute attiré plus d'une à la suite de l'Epoux divin.
Je demande à Notre-Seigneur de donner une bénédiction semblable et plus abondante encore à la nouvelle édition que vous préparez, et je vous prie d'agréer, ma Révérende Mère, l'expression de mon religieux et paternel dévouement.
† LÉON-ADOLPHE,
Evêque de Bayeux et Lisieux.
LETTRE DE Monseigneur Jourdan de la Passardière, ÉVÊQUE DE ROSÉA
Paris, 12 mars 1899.
MA RÉVÉRENDE MÈRE,
Vous avez bien voulu m'envoyer l'HISTOIRE D'UNE AME ÉCRITE PAR ELLE-MÊME, et voici ma pensée sur ses pages si attachantes dans leur surnaturelle et lumineuse simplicité:
Il est impossible de lire ces pages sans y toucher du doigt, en quelque sorte, la palpable réalité de la vie surnaturelle, et rien ne vaut, aujourd'hui surtout, une telle prédication.
Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, dans une des pages les plus éloquentes sorties de sa plume, se représentait son Epoux divin comme un aigle qui venait fondre sur elle des hauteurs du Ciel et l'emportait dans la lumière et dans la flamme, vers la patrie des clartés sans ombres et sans déclin.--Or, il me semble que déjà deux grands aigles de la sainteté, en l'abritant sous leurs puissantes ailes, l'avaient préparée à monter vers ces hauteurs: ce sont sainte Thérèse et saint François d'Assise; et il est difficile de n'être pas frappé des similitudes qui rapprochent cette enfant de ces deux âmes vraiment séraphiques, ainsi que l'Eglise se plaît à les appeler l'une et l'autre dans son incomparable langage.
Sainte Thérèse, «_la fleur et la gloire du Carmel: flos et decor Carmeli_», ne revit-elle pas dans votre «petite fleur»? C'est la même atmosphère de forte et rayonnante piété dans sa vie de famille, quand sa mère s'endort en bénissant ses enfants, comme le fit celle de sainte Thérèse, les confiant, à l'heure de sa mort, à la Reine du Ciel, et que son père, avec une énergie de foi qui rappelle celle des Saints des jours antiques, donne quatre filles au Carmel, avec une joie qui le transfigure au travers de ses larmes.--C'est dans l'âme elle-même de l'enfant privilégiée de la grâce une ardeur incroyable pour tout ce qui est grand, noble et pur. La flamme de l'apostolat s'est allumée dans ce cœur de quinze ans, et le consume; elle ne veut respirer, vivre et souffrir que pour l'Eglise, et en particulier (signe caractéristique de sainte Thérèse et de ses filles) pour la sanctification des prêtres. Sans cesse, la pensée de cette œuvre par excellence est vivante et ardente dans ses paroles toutes brûlantes de charité, dans son attrait pour les missions lointaines, dans sa dévorante passion pour la conquête des âmes et pour le martyre de l'amour divin, à défaut de celui où elle pourrait verser son sang.
Et le séraphique saint François d'Assise, qui apparut plus d'une fois à sainte Thérèse pour l'encourager dans sa réforme du Carmel, ne revit-il pas, lui aussi, dans cette nature si délicate et si pure, éprise d'admiration et de tendresse pour toute la création qui lui parle de l'éternelle beauté, aimant le soleil et la neige, les oiseaux et les fleurs; souriant encore, sur son lit de mort, à un petit oiseau qui vient chanter dans sa cellule un dernier cantique, et mêlant aux plus ardentes paroles de l'amour divin un souvenir attendri pour sa famille de la terre, et la maison où s'écoulèrent les années de son enfance?
N'eussiez-vous pas pu chanter sur sa tombe virginale cette strophe de l'une des hymnes de la liturgie franciscaine du 4 octobre, jour de son inhumation: «_Dans le jardin de roses des saints, une nouvelle fleur s'est épanouie_»?
Suivons donc par la pensée et les saints désirs, l'âme de notre chère enfant, là où les grands aigles qui l'ont prise sur leurs ailes l'ont emportée dans les éternelles splendeurs: «_Sicut aquila provocant ad volandum pullos suos, extendit alas suas et assumpsit eos._»--Ne pouvons-nous pas lui redire: «_Vous êtes bienheureuse, vous que le Seigneur a choisie et élevée jusqu'à lui; vous habitez dans ses tabernacles_»?--Maintenant: «_Attirez-nous vers vous_», afin que nous ne vivions aussi nous-mêmes que pour Jésus, l'Eglise et les âmes, les membres attachés à la croix que le Seigneur nous a choisie, mais le cœur en haut et les yeux au ciel pour y chercher la radieuse vision de la Face de Dieu.
